UNE PIÈCE D’AURÉLIEN BORY POUR SHANTALA SHIVALINGAPPA

DISTRIBUTION

Conception, scénographie et mise en scène Aurélien Bory | Avec Shantala Shivalingappa et Loïc Schild (percussions)

Collaboration artistique  Taïcyr Fadel | Création lumière  Arno Veyrat | Composition musicale  Joan Cambon | Conception technique décor  Pierre Dequivre, Stéphane Chipeaux-Dardé
Costumes  Manuela Agnesini avec l’aide précieuse de Nathalie Trouvé | Régie générale  Arno Veyrat
Régie plateau  Thomas Dupeyron | Régie son  Stéphane Ley | Assistant à la création lumière et régie  Mallory Duhamel | Directrice de production  Florence Meurisse | Administrateur  Clément Séguier-Faucher | Chargée de production  Justine Cailliau Konkoj | Presse  Agence Plan Bey

PRODUCTION Compagnie 111 – Aurélien Bory

COPRODUCTION ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie, Festival Montpellier Danse 2018, Agora – PNAC Boulazac-Nouvelle-Aquitaine, La Scala – Paris, L’Onde Théâtre Centre d’Art de Vélizy-Villacoublay. Avec la participation artistique de l’ENSATT-Lyon.

ACCUEIL EN RÉPÉTITIONS ET RÉSIDENCES La nouvelle Digue – Toulouse, ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie

La Compagnie 111 – Aurélien Bory est conventionnée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Occitanie – Ministère de la culture et de la communication, la Région Occitanie / Pyrénées – Méditerranée et la Mairie de Toulouse. Elle reçoit le soutien du Conseil Départemental de la Haute-Garonne.

aSH | (c) Aglaé Bory

Dans Shantala Shivalingappa, il y a Shiva, dieu de la danse. Shiva possède d’après les textes plus de mille noms. Il est un dieu créateur et destructeur. Seigneur des lieux de crémations, il se recouvre le corps de cendres. Shantala Shivalingappa a construit sa danse sur la figure de ce dieu, dont la vibration, rythme la manifestation du monde.

J’ai demandé à Shantala si elle voulait faire l’expérience de la cendre. La cendre n’est pas uniquement les résidus solides d’une combustion parfaite, elle est un processus. La cendre est un fertilisant. Elle s’inscrit dans un cycle de mort et de naissance. La cendre possède ainsi une potentialité de vie. Est-ce pour cela qu’elle est sacrée en Inde, que les champs de crémations possèdent une énergie particulière, que vie et mort sont une seule chose dans le cycle des réincarnations ? Que fait Shiva ? Il détruit et il danse.

J’ai rencontré Shantala Shivalingappa en 2008, dans les couloirs du théâtre, à Düsseldorf chez Pina Bausch. C’était le dernier festival « Drei wochen mit Pina ». Shantala dansait avec Pina Bausch dans Nefes, elle présentait également un solo et aussi un duo avec Sidi Larbi Cherkaoui. C’est là que Shantala a vu Plus ou moins l’infini. Il s’est passé dans ce lieu une forte convergence, qui me paraît presque irréelle tant elle a réuni d’éléments qui allaient être significatifs dans mon parcours et dans celui de Shantala. Quelque chose allait mourir ici et quelque chose d’autre allait renaître.

aSH 2018 | (c) Aglaé Bory

La danse de Shantala est faite de ce parcours entre le Kuchipudi et Pina Bausch, entre l’Inde et l’Europe, entre Shiva et Dionysos dont d’aucuns disent qu’ils sont issus d’un seul et même dieu, Shiva ayant été perpétué dans la mythologie hindoue alors que Dionysos, balayé par les cultes monothéistes était délaissé peu à peu en Europe, dieu errant, dieu du théâtre. Shantala n’a de cesse de réaliser des allers-retours entre Madras où elle est née et Paris où elle vit. Sa danse effectue un balancier perpétuel, quelque part entre mystique hindoue et physique quantique.

J’ai imaginé que Shantala Shivalingappa allait danser sur de la cendre pour aSH, dont le titre est composé des initiales et des finales de son nom. aSH est le dernier opus de la trilogie des portraits de femme, dix ans après l’avoir initiée, cette même année 2008 avec Questcequetudeviens? et poursuivie en 2012 avec Plexus. Dans cette trilogie où je prends comme point de départ, non pas l’espace qui est ma question au théâtre, mais une femme, une personne qui a son histoire. Il s’agit d’un être vivant qui se déploie par la danse. Avec aSH, Shantala Shivalingappa danse au-delà d’elle-même. Dans un dispositif de cendres et de vibrations, elle incarne Shiva qui permet au monde de se manifester et à l’espace de danser.

Aurélien Bory • Sept. 2017

 

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